Dernière demeure · Essoyes, Aube

Où est enterré Auguste Renoir ?

De Cagnes-sur-Mer à Nice, puis d’une première inhumation au retour définitif en Champagne : la tombe de Renoir raconte un choix familial, artistique et profondément lié au village d’Aline.

Tombe d’Auguste Renoir au cimetière d’Essoyes avec le buste réalisé par Richard Guino
La tombe d’Auguste Renoir au cimetière d’Essoyes, surmontée du buste de Richard Guino. Photographie : Wikimedia Commons.
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Auguste Renoir repose au cimetière communal d’Essoyes, dans l’Aube.Mort à Cagnes-sur-Mer en 1919 et d’abord inhumé à Nice, il est transféré à Essoyes en juin 1922, selon ses dernières volontés.

La réponse en contexte

Une tombe modeste dans le village choisi par la famille

Pierre-Auguste Renoir meurt le 3 décembre 1919 au domaine des Collettes, à Cagnes-sur-Mer. Il n’est pourtant pas enterré définitivement sur la Côte d’Azur. Après une première inhumation au cimetière du Château de Nice, sa dépouille rejoint Essoyes en juin 1922.

Ce retour n’est pas un hasard géographique. Essoyes est le village natal d’Aline Charigot, épouse et modèle de Renoir. Le peintre y séjourne régulièrement avec sa famille, y achète une maison en 1896 et y fait construire un atelier en 1906. Au cimetière, sa sépulture se trouve à côté de celle d’Aline et de plusieurs descendants.

Le monument n’est donc ni un tombeau isolé ni un simple hommage public. Il appartient à un ensemble familial formé de deux tombes proches, où les carrières du peintre, de l’acteur Pierre Renoir, du cinéaste Jean Renoir et du céramiste Claude Renoir se rejoignent.

À retenir : dire que Renoir est « enterré à Essoyes » est exact, mais la chronologie complète passe par Cagnes-sur-Mer, Nice, puis le transfert définitif en Champagne en 1922.
Portrait d’Aline Charigot, épouse d’Auguste Renoir et originaire d’Essoyes
Aline Charigot, épouse de Renoir et lien décisif entre le peintre et Essoyes.

1915–1990

De Nice à Essoyes : la chronologie de la sépulture

Le cimetière ne s’est pas constitué en un jour. Les inhumations et les transferts successifs ont transformé deux tombes voisines en mémoire familiale.

1915

Aline Renoir meurt à Nice. Son décès inspire le projet d’un buste funéraire réalisé avec Richard Guino.

1919

Renoir meurt aux Collettes le 3 décembre. Il est d’abord inhumé au cimetière du Château de Nice.

1922

En juin, la dépouille du peintre est transférée à Essoyes. Le buste en bronze de Guino couronne la tombe.

1952

Pierre Renoir, fils aîné du peintre et grand acteur français, rejoint la sépulture.

1979

Jean Renoir, cinéaste et écrivain, est à son tour enterré à Essoyes.

1990

Dido Freire, seconde épouse de Jean, complète la première tombe familiale.

Qui repose où ?

Deux sépultures, deux branches du même récit

Les noms ne sont pas tous réunis sous le même monument. La disposition en deux tombes voisines rend lisible l’histoire des générations Renoir.

Première tombe de la famille Renoir avec le buste du peintre1

Tombe du peintre

Auguste, Pierre, Jean et Dido

Le monument visible au premier plan est couronné par le buste d’Auguste Renoir. Les médaillons de Pierre et Jean ont été ajoutés après leurs funérailles respectives.

Pierre-Auguste Renoir1841–1919 · peintre
Pierre Renoir1885–1952 · acteur
Jean Renoir1894–1979 · cinéaste
Dido Freire1907–1990 · scripte
Seconde tombe de la famille Renoir à Essoyes, où reposent Aline, Thérèse, Claude et Claude junior2

Tombe d’Aline et des descendants

Aline, Thérèse, Claude et Claude junior

Placée juste derrière, la seconde sépulture était à l’origine couronnée par un buste d’Aline créé par Renoir et Richard Guino.

Aline Renoir1859–1915 · épouse du peintre
Thérèse Émilie Mairemère d’Aline
Claude « Coco » Renoir1901–1969 · céramiste
Claude Renoir junior1913–1993 · directeur photo
Devant

La tombe d’Auguste Renoir et des figures liées au théâtre et au cinéma.

Derrière

La tombe d’Aline, de sa mère et de la branche de Claude.

Ensemble

Une mémoire de la peinture prolongée par le spectacle, le film et la céramique.

Sculpture et mémoire

Pourquoi un buste de Richard Guino sur la tombe ?

À partir de 1913, Renoir travaille à la sculpture avec Richard Guino, jeune artiste recommandé par Aristide Maillol. Les mains du peintre sont presque paralysées par les rhumatismes : Renoir conçoit, dirige et corrige, tandis que Guino modèle la matière.

Le buste d’Aline naît en 1916, un an après sa mort, à partir d’un portrait peint environ trente ans plus tôt. Une épreuve en bronze est destinée à sa tombe. Le buste de Renoir qui domine la sépulture voisine est lui aussi associé à Guino et fait de la sculpture un élément central du souvenir familial.

Le cimetière offre ainsi un écho inattendu à la fin de carrière du peintre. Les monuments ne reproduisent pas seulement des visages : ils matérialisent une collaboration artistique aujourd’hui reconnue comme une véritable co-création.

Un détail à observer : sous le buste de Renoir, les deux médaillons de Pierre et Jean inscrivent le théâtre et le cinéma dans la continuité de l’œuvre du père.
Buste de Renoir par Richard Guino sur la sépulture du peintre à Essoyes
Le buste en bronze de Renoir, signé Richard Guino, surmonte la première tombe familiale.

Une adoption réciproque

Pourquoi Renoir a-t-il choisi Essoyes ?

Parce que le village résume une part essentielle de sa vie : Aline, la famille, la maison, l’atelier, les modèles et les paysages de l’Ource.

Maisons du village d’Essoyes peintes par Renoir

Le paysage vécu

Essoyes n’est pas un décor : c’est un foyer

Renoir y retrouve chaque été une échelle de vie plus simple, des modèles familiers et les motifs d’une Champagne rurale.

Atelier de Renoir au fond du jardin de sa maison d’Essoyes

1906

L’atelier du jardin

La rivière Ource dans le village d’Essoyes

L’Ource

La rivière des laveuses

Aline conduit Renoir dans son village natal au milieu des années 1880. Séduit par la campagne et la vie locale, il y revient pendant près de trente ans. La maison achetée en 1896 est sa première propriété. Claude, son troisième fils, y naît en 1901 ; l’atelier est construit cinq ans plus tard au bout du jardin.

Choisir Essoyes pour dernière demeure revient donc à rejoindre un territoire familial autant qu’un lieu de peinture. Le cimetière termine un parcours qui commence au bord de l’Ource, traverse les rues du village, la maison et l’atelier, puis rassemble plusieurs générations dans un même paysage.

Une dynastie créatrice

La mémoire familiale dépasse la seule peinture

Les noms inscrits sur les pierres racontent quatre manières différentes de prolonger une sensibilité artistique.

1

Auguste

Peinture et sculpture

Le père installe à Essoyes une œuvre de paysages, de figures et de scènes familiales qui devient le centre du récit.

2

Pierre

Théâtre et cinéma

Le fils aîné devient acteur et administrateur de théâtre. Son médaillon prend place sous le buste paternel.

3

Jean

Cinéma et écriture

Le réalisateur de La Grande Illusion et de La Règle du jeu transforme le regard du peintre en langage du film.

4

Claude

Céramique et transmission

Surnommé Coco et souvent portraituré enfant, il devient céramiste et contribue au recensement de l’œuvre de son père.

Sur les pas des Renoir

Comment intégrer le cimetière à une visite d’Essoyes ?

Le meilleur parcours relie les lieux de vie au lieu de mémoire, dans cet ordre : comprendre, habiter, créer, puis se recueillir.

ÉTAPE 01

Le centre culturel

Commencez place de la Mairie pour replacer Aline, les enfants et le village dans l’histoire générale des Renoir.

ÉTAPE 02

La maison et l’atelier

La demeure de 1896 et l’atelier de 1906 montrent la vie quotidienne et les conditions concrètes de la création.

ÉTAPE 03

Le cimetière

Terminez devant les deux tombes. Regardez d’abord leur disposition, puis le buste et les médaillons.

Avant le déplacement : consultez le site officiel « Du Côté des Renoir » pour les horaires saisonniers, les visites guidées et les conditions d’accès à la maison et à l’atelier. Le cimetière se visite avec la discrétion due à un lieu funéraire.

Questions fréquentes

La tombe de Renoir en huit réponses

Où est enterré Auguste Renoir ?

Auguste Renoir repose au cimetière communal d’Essoyes, dans le département de l’Aube, en Champagne.

Renoir a-t-il toujours été enterré à Essoyes ?

Non. Mort à Cagnes-sur-Mer en 1919, il est d’abord inhumé au cimetière du Château de Nice. Sa dépouille est transférée à Essoyes en juin 1922.

Pourquoi Renoir a-t-il choisi Essoyes ?

Essoyes est le village natal de son épouse Aline Charigot. La famille y séjourne pendant près de trente ans, y possède une maison et un atelier, et y développe de profonds liens affectifs.

Qui repose dans la même tombe qu’Auguste Renoir ?

La première sépulture réunit Auguste Renoir, ses fils Pierre et Jean, ainsi que Dido Freire, seconde épouse de Jean.

Où repose Aline Renoir ?

Aline repose dans une seconde tombe voisine, avec sa mère Thérèse Émilie Maire, son fils Claude dit Coco et son petit-fils Claude Renoir junior.

Qui a réalisé le buste placé sur la tombe de Renoir ?

Le buste en bronze qui couronne la tombe est l’œuvre de Richard Guino, sculpteur et collaborateur de Renoir.

Que représentent les médaillons sur la tombe ?

Ils représentent Pierre Renoir, acteur, et Jean Renoir, cinéaste. Ils ont été ajoutés après leurs funérailles respectives en 1952 et 1979.

Peut-on visiter la tombe et les lieux Renoir à Essoyes ?

Le cimetière fait partie du parcours mémoriel du village. La maison, l’atelier et le centre culturel se visitent selon des horaires saisonniers à vérifier sur le site officiel Du Côté des Renoir.

Essoyes, dernière demeure

La tombe referme une vie sans interrompre la transmission.

À quelques pas de la maison et de l’atelier, les deux sépultures familiales réunissent peinture, sculpture, théâtre, cinéma et céramique. Elles font d’Essoyes non seulement le village de Renoir, mais le lieu où sa mémoire reste une histoire de famille.

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